Accueil > Présentation > Histoire > La cristallographie
Les polytechniciens et la cristallographie
La cristallographie, science de la configuration géométrique des atomes dans les

cristaux doit un certain nombre de ses fondements aux polytechniciens. Bravais (X 1828), poursuivant des travaux français de la fin du dix-huitième siècle établit le répertoire complet des symétries de translation et d'orientation des cristaux et montre qu'un cristal est un empilement de plans « moléculaires » équidistants, résultat qui sera utile au vingtième siècle pour interpréter la diffraction des rayons X. Il amorce aussi l'étude systématique des cristaux de minéraux. L'implication des X dans l'exploitation des mines fera qu'il sera suivi, en cela, par d'autres polytechniciens. On y retrouvera des travaux de Sénarmont, et on y trouvera ceux d' Antoine Becquerel (X 1806) sur la piézoélectricité des minéraux, ceux de Mallard (X 1851) et surtout de Georges Friedel (X 1887) qui systématise définitivement la description des mâcles, assemblages complexes de cristaux. On peut considérer que cet intérêt pour la configuration atomique des cristaux se prolonge après 1945 dans les contributions de Jacques Friedel (X 1942) et de Kléman (X 1954) à la physique des dislocations, autres types de défauts des cristaux, responsables de la malléabilité et de la ductilité des métaux. Georges Friedel est encore l'auteur d'un travail précurseur qui aura un brillant avenir dans la physique et la technologie. Il décrit les états « nématique » et « smectique » des cristaux liquides, états de la matière ayant des configurations atomiques intermédiaires entre celles d'un solide et d'un liquide. Le foisonnement de découvertes de phases « molles » depuis trente ans, leur classification, et l'utilisation de certaines d'entre elles pour la fabrication d'écrans « plats » ont leur racine dans ce travail. Plusieurs X, dont Michel (X 1943), Durand (X 1954), et Kléman ont contribué à ces travaux récents.